11h30 – Ouverture de la journée nécessaire des 60 ans du Off Célébration officielle, partage du cube, pot partagé et sérigraphie participative 15h – Lecture de Statues 2.0 – Pièce qui a lancée le off en 1966 Avec Claude & Corinne Djian et Marie Hurault 16h – Table ronde – Statues dans l’histoire du théâtre et d’Avignon 17h30 – VOIX perdues dans la nuit (extraits d’enregistrement) 18h – Apéritif convivial 19h – Tout Benedetto d’un seul coup avec Nikson Pitaqaj 21h30 – Bal des 60 ans Une création de Pascale Benedetto avec les bricolages audiovisuels de JM Peytavin.
16 Mai 2026 18h., au Théâtre des Carmes André Benedetto Vernissage exposition de peintures de Christian Bourgeois: « CHAOS 2026 » présentation des œuvres sur scène par le peintre lecture de poèmes d’André et de Pascale Benedetto vidéos JM Peytavin
Pose d’une plaque, cinquante ans après « Statues » en juillet 2016
En 1966, la Nouvelle Compagnie d’Avignon créait au Théâtre des Carmes pendant le festival, Statues, une pièce d’André Benedetto.
Le TNP avait donné les Troyennes à la cour d’honneur,
adaptation de Sartre, avec E.Hirt et Judith Magre. Puis Béjart entra
en danse dans le lieu. Grands souvenirs.
Venus de Rodez en mobylette, nous campions à la Barthelasse et avec Brigitte on caressait la sauvagerie du Rhône jusqu’au petit matin. Le festival occupait seulement la cour d’honneur et le parvis du petit Palais comme scènes, le Verger pour discuter, et la place de l’horloge pour continuer la palabre toute la nuit. René Duran avait repéré une toute petite affiche imprimée au pochoir et collée à intervalles réguliers sur le garde corps du pont Daladier. Dans une boulangerie du quartier des Carmes, j’avais remarqué la sculpture baroque de Georges Beaumont qui invitait au spectacle « Statues ». Bref, on a été voir. Ils faisaient des tarifs étudiants et chômeurs. Une porte d’entrée vitrée en bois verni à coté d’un garage Simca. Une petite caissière rieuse sortant tout droit d’un film de J.Eustache nous fait les tickets à la main. Un couloir, puis un espace cubique qui contient la scène et les spectateurs. Ce jour là, on était six en tout, assis sur des sièges rustiques familiers aux cinéphiles. Les échelles étaient en bois, le grill technique, espacé nombre d’or, également. Le décor était une sculpture d’objets usés. La main de l’ouvrier était subliminalement partout.
Le noir. Une voix dans le noir, qui déjà le tient à distance. Miouzic… et c’est la lumière qui vient. A l’intérieur du cube, deux cubes, avec les acteurs plantés dessus. Très proches de nous, à portée de main, sans protection chorégraphique. Le texte comme fumerolles éclairées de l’intérieur au dessus du magma. Je crois entendre quelque malice entre les cubes et l’Hécube des Troyennes, et dans cet espace clos il y a l’univers entier, tout l’espace des questions, intravagantes, extravagantes. Mais c’est aussi un tableau achevé de peintre, une variation de gris et de couleurs délavées, un retable païen. Une banderole de papier se déroule « libérez le vietnam », c’est pour le maintenant, avec en sous titre le tempo, c’est pour la musique. Le géant Atlas passe chargé de son monde en ruine, c’est pour le mythe. L’actrice a des allures de cantatrice prophétesse grecque. Lui, par moments, dans son costume empesé, pourrait être ce Godot enfin arrivé de nulle part. Entre les deux, la petite fille installe le rectangle bleu saturé d’une piscine voulue.
On à découvert ce jour là le théâtre « Totol », parce que ce théâtre contenait l’autre. Il avait l’inspiration, l’âme et les armes dont nous avions alors besoin. Puis on a discuté un peu avec ce gitan lanceur de couteaux et cette Compagnie si accueillante. On en a parlé aux potes cinéastes, on est revenus. Dans l’hiver qui suivit, André nous envoya à Rodez une longue lettre tapée en rouge majuscule sur du papier pelure, histoire de dire, on pourrait faire équipée. C’est ce qu’on à fait, finalement.
Maintenant, cinquante ans plus tard, le 7 juillet 2016 au matin, on va poser la plaque du créateur du OFF. Étrange distorsion. C’est le théâtre IN qui a été ré-inventé ici.
Texte dit pour la première fois à la Fête de l’Humanité, le 13 septembre 1980, avec le concours de la Cie Lubat . Publié aux Editions Jacques Brémond : lien publication
reprise magnifique en 2012 de Nelly Pulicani et en 2013 de Ph.Caubère
Des troubadours aux félibres, des camisards aux maquisards, le poète de Memento occitan déploie sa géographie élective, dépecée par les promoteurs : « L’Occitanie dans sa robe de sel et d’ocre / Et de terres abandonnées au plus offrant. » Le poète réveille la tradition du trobar clus et la mémoire des révoltes populaires occitanes pour mêler des noms rarement associés, tels Mistral et Jaurès ! Le souffle épique fait sonner le français et l’occitan avec la même ferveur. Si la langue pétrie d’Histoire de Benedetto renoue avec les grandes épopées populaires, ce n’est plus le héros singulier qui règne au cœur du chant mais la conscience collective à voix multiples. Renouveau d’un lyrisme révolutionnaire occitan à l’opposé du registre pittoresque et refusant tout enfermement régionaliste…
Pour en finir avec le jugement de Dieu ( Benedetto dit Artaud )
En 1966 André Benedetto avait enregistré lui-même sur le petit magnétophone de jean-Marie, la transcription du texte radiophonique d’Antonin Artaud de 1947 « Pour en finir avec le jugement de Dieu » . Puis la bande a été perdue. En 1980 on a refait un enregistrement dans un coin du théâtre des Carmes, en essayant de retrouver le même souffle. André avait également lu ce texte dans les années 2000 pour un vernissage de Bessompierre sur les marches de la bourse du travail à Arles.
à 14h 𝙊𝙪𝙫𝙧𝙞𝙚𝙧𝙨, 𝙥𝙖𝙮𝙨𝙖𝙣𝙨, 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙨𝙤𝙢𝙢𝙚𝙨 … une rencontre avec 𝗟𝘂𝗰𝗶𝗹𝗲 𝗯𝗿𝘂𝗻𝗲𝗮𝘂 Apicultrice, et 𝗘𝗿𝗶𝗰 𝗣𝗳𝗶𝗳𝗳𝗲𝗿𝗹𝗶𝗻𝗴 Vigneron entremêlée de textes d’André Benedetto lus par Claude Djian, Christian Bourgeois et Regis Rossotto !