16 Mai 2026 18h., au Théâtre des Carmes André Benedetto
Vernissage exposition de peintures de Christian Bourgeois: « CHAOS 2026 »
présentation des œuvres sur scène par le peintre
lecture de poèmes d’André et de Pascale Benedetto
vidéos JM Peytavin

le 8 juillet 2026, remember Statues

Pose d’une plaque, cinquante ans après « Statues » en juillet 2016
En 1966, la Nouvelle Compagnie d’Avignon créait au Théâtre des Carmes pendant le festival, Statues, une pièce d’André Benedetto.
Le TNP avait donné les Troyennes à la cour d’honneur, adaptation de Sartre, avec E.Hirt et Judith Magre. Puis Béjart entra en danse dans le lieu. Grands souvenirs.
Venus de Rodez en mobylette, nous campions à la Barthelasse et avec Brigitte on caressait la sauvagerie du Rhône jusqu’au petit matin.
Le festival occupait seulement la cour d’honneur et le parvis du petit Palais comme scènes, le Verger pour discuter, et la place de l’horloge pour continuer la palabre toute la nuit.
René Duran avait repéré une toute petite affiche imprimée au pochoir et collée à intervalles réguliers sur le garde corps du pont Daladier. Dans une boulangerie du quartier des Carmes, j’avais remarqué la sculpture baroque de Georges Beaumont qui invitait au spectacle « Statues ». Bref, on a été voir. Ils faisaient des tarifs étudiants et chômeurs. Une porte d’entrée vitrée en bois verni à coté d’un garage Simca. Une petite caissière rieuse sortant tout droit d’un film de J.Eustache nous fait les tickets à la main. Un couloir, puis un espace cubique qui contient la scène et les spectateurs. Ce jour là, on était six en tout, assis sur des sièges rustiques familiers aux cinéphiles. Les échelles étaient en bois, le grill technique, espacé nombre d’or, également. Le décor était une sculpture d’objets usés. La main de l’ouvrier était subliminalement partout.
Le noir. Une voix dans le noir, qui déjà le tient à distance. Miouzic… et c’est la lumière qui vient. A l’intérieur du cube, deux cubes, avec les acteurs plantés dessus. Très proches de nous, à portée de main, sans protection chorégraphique. Le texte comme fumerolles éclairées de l’intérieur au dessus du magma. Je crois entendre quelque malice entre les cubes et l’Hécube des Troyennes, et dans cet espace clos il y a l’univers entier, tout l’espace des questions, intravagantes, extravagantes. Mais c’est aussi un tableau achevé de peintre, une variation de gris et de couleurs délavées, un retable païen. Une banderole de papier se déroule « libérez le vietnam », c’est pour le maintenant, avec en sous titre le tempo, c’est pour la musique. Le géant Atlas passe chargé de son monde en ruine, c’est pour le mythe. L’actrice a des allures de cantatrice prophétesse grecque. Lui, par moments, dans son costume empesé, pourrait être ce Godot enfin arrivé de nulle part. Entre les deux, la petite fille installe le rectangle bleu saturé d’une piscine voulue.
On à découvert ce jour là le théâtre « Totol », parce que ce théâtre contenait l’autre. Il avait l’inspiration, l’âme et les armes dont nous avions alors besoin. Puis on a discuté un peu avec ce gitan lanceur de couteaux et cette Compagnie si accueillante. On en a parlé aux potes cinéastes, on est revenus. Dans l’hiver qui suivit, André nous envoya à Rodez une longue lettre tapée en rouge majuscule sur du papier pelure, histoire de dire, on pourrait faire équipée. C’est ce qu’on à fait, finalement.
Maintenant, cinquante ans plus tard, le 7 juillet 2016 au matin, on va poser la plaque du créateur du OFF. Étrange distorsion. C’est le théâtre IN qui a été ré-inventé ici.
jmp/06/2016
























