{"id":1022,"date":"2023-01-14T18:07:13","date_gmt":"2023-01-14T17:07:13","guid":{"rendered":"http:\/\/urgentcrier.com\/?page_id=1022"},"modified":"2023-01-14T18:27:29","modified_gmt":"2023-01-14T17:27:29","slug":"pelerinage-a-lolivier","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/urgentcrier.com\/index.php\/pelerinage-a-lolivier\/","title":{"rendered":"P\u00e8lerinage \u00e0 l&rsquo;olivier"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">P\u00e8lerinage de nuit \u00e0 l&rsquo;olivier, Tavel 2013, r\u00e9cit apocryphe.<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p><em>D\u00e9cor pos\u00e9: Une toile peinte,&nbsp;la ronde de nuit de Rembrandt<\/em><br><br>L\u00e0, nous passons devant ce qui f\u00fbt la maison de Jean-Marie Lamblard, qui a \u00e9t\u00e9 la cheville ouvri\u00e8re de la Compagnie des Carmes \u00e0 ses d\u00e9buts et qui vivait ici avec son fr\u00e8re et ses parents.<br> Cort\u00e8ge sombre dans la nuit nocturne. Suite fun\u00e8bre ou messe noire? Nous sommes le dimanche 27 octobre 2013 \u00e0 Tavel. Dans un temps qui pour moi est un temps chim\u00e9rique dans lequel je suis une ombre projet\u00e9e dans un espace immat\u00e9riel qui ne m&rsquo;appartient plus. Frances nous a affubl\u00e9s , Guy L. et moi-m\u00eame, d&rsquo;un flambeau minuscule pour \u00e9clairer la route.<br> Nous longeons les poulaillers. Derri\u00e8re il y avait le labo photo de Jean-Marie et un millier de pintades en semi libert\u00e9. J&rsquo;entends sans magn\u00e9tophone la voix de son fr\u00e8re Yves disant son po\u00e8me \u00ab le soleil et la pluie\u00bb, j&rsquo;entends cette voix \u00e9raill\u00e9e qui \u00e9tait travers\u00e9e d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 et crois\u00e9e avec le son de la corde bourdon d&rsquo;une vielle \u00e0 roue, une voix monodique qui psalmodie un cri doux et satur\u00e9 d&rsquo;oiseau des marais.<br> Claude G. n&rsquo;est pas venu participer \u00e0 cette \u00e9trange c\u00e9r\u00e9monie. Je suis seul \u00e0 connaitre cela. Avec le flambeau, je pense que le sort me d\u00e9signe comme le dernier gardien des enfers, de la crypte. Nous passons. La voix d&rsquo;Yves continue le po\u00e8me. C&rsquo;est un po\u00e8me d&rsquo;amour inou\u00ef. Il \u00e9tait inspir\u00e9 d&rsquo;un autre, comme un repeint. Mais il \u00e9tait cousu d&rsquo;un fil invisible. Chaque lettre trac\u00e9e avec des trous d&rsquo;\u00e9pingle dans le papier quadrill\u00e9  d&rsquo;un cahier \u00e0 spirale, surpiqu\u00e9 par le temps pass\u00e9 \u00e0 faire cicatrice entre les lignes. Il est un temps sans tempo et sans bord, il est avant nous et longtemps apr\u00e8s toujours&#8230;<br> Nous nous dirigeons vers un olivier plant\u00e9 en hommage au Po\u00e8te Benedetto dans ce qui \u00e9tait un terrain vague \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. L\u00e0 o\u00f9 nous faisions f\u00eates et m\u00e9chouis. L\u00e0 o\u00f9 des italiens de Spol\u00e8te avaient jou\u00e9 en 1968 un \u0152dipe peut-\u00eatre avec les colonnes du fond, l\u00e0 o\u00f9 commen\u00e7aient herbes folles et caillasse.<br> Plus personne pour attester de cela, le dernier \u00e0 parler.La jeune femme se cale sous l&rsquo;olivier son texte \u00e0 la main, un po\u00e8me d&rsquo;Andr\u00e9 sur les arbres, un po\u00e8me modeste.<br>G. de l&rsquo;autre cot\u00e9, un peu en recul, fait la sym\u00e9trie. En G\u00e9orgie j&rsquo;ai vu ces sortes de cariatides baroques portant flambeau et soutenant la vo\u00fbte \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e des th\u00e9\u00e2tres. Maintenant, nous soutenons \u00e0 peine l&rsquo;indiscutable nuit.<br>Je me suis plant\u00e9 l\u00e0 derri\u00e8re elle \u00e0 cot\u00e9 de l&rsquo;arbre pour \u00e9clairer sa feuille avec mon allumette.<br>C&rsquo;est une jeune actrice \u00e9tonnante de verdeur dans la voix et d&rsquo;une \u00e9pure totale dans les artifices. Elle est des C\u00e9vennes. Elle ne sait pas qu&rsquo;elle sait. Elle est \u00e0 l&rsquo;aube de sa vie. Un coup elle montre l&rsquo;olivier, un coup elle d\u00e9signe la nuit. C&rsquo;est tout pour la chor\u00e9graphie.<br>Je titube dans l&rsquo;immobilit\u00e9, avec cette flamme qui vacille.<br>Elle va jusqu&rsquo;au bout de son chemin sans faiblir. Elle a une pointe d&rsquo;accent dont elle joue sensiblement. Les mots sont en suspens dans l&rsquo;air, sans corps, trac\u00e9s. Il y a des odeurs de terre cram\u00e9e par le soleil et de garrigue dans sa voix. Elle pioche elle lutte avec ce texte. Elle sait qu&rsquo;il faut cela pour tirer du vin de ces contr\u00e9es arides, que ce n&rsquo;est jamais gagn\u00e9. Elle sait cela depuis toujours. Personne ne le lui a appris. Elle sait cela.<br>Le guetteur ferme un \u0153il, je ne suis pas seul \u00e0 savoir, finalement.<br>Ces emballements oniriques qui nous traversaient alors ici m\u00eame et que le noir enveloppe \u00e0 tout jamais, invisibles aux yeux de tous, dont nous marquons la cl\u00f4ture en cet instant, la nuit nocturne, la nuit des paroles, l&rsquo;envers du mourir, les l\u00e8vres suspendues \u00e0 la nuit, proph\u00e9tie pour des lucioles.<br>Mais cette actrice finalement, elle est rieuse, elle parle aux ombres mais elle s&rsquo;en fout, elle a la vie devant elle, pleine de promesses.<br>Elle pourrait s&rsquo;\u00eatre extirp\u00e9e des sabbats nocturnes qui se tenaient l\u00e0 sous ses pieds il y a longtemps et y retourner danser apr\u00e8s, incognito,<br>mais non, elle est d\u00e9tach\u00e9e de cette t\u00e2che.<br>Elle dit \u00e0 peine, mais c&rsquo;est entre les mots qu&rsquo;elle lit, c&rsquo;est entre les dents du verbe, je vous d\u00e9lie \u00e9galement de tout.<br>Tout flottement \u00e9gal.<br>Les arbres restent et les oiseaux volent de branche en branche, tant que nous parlons des fous aux pierres et aux farfadets.<br>Foin des cataplasmes mais rem\u00e8de quand il n&rsquo;y a plus de rem\u00e8de, le conte, le th\u00e9\u00e2tre des lieux, le th\u00e9\u00e2tre hantique, les paroles de vent, la veille, les simagr\u00e9es.<br>Tourmenter et puis soigner et puis s&rsquo;\u00e9loigner, finalement.<br>Le gardien sto\u00efque du temple de l&rsquo;oubli \u00e9teint son s\u00e9maphore.<br>\u00ab\u00a0le veilleur de nuit tambourine<br>Nous nous reposerons\u00a0\u00bb.<br>La nuit est claire,<br>Finalement.<br>Et c&rsquo;est enfin la fin d&rsquo;un \u00e9pisode dat\u00e9 approximativement, difficilement cern\u00e9, inachevable<br><br><em>( \u00e9pisode tel quel ).<\/em><br><em>JMP \/28 \/10\/2013<\/em><br><br><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons has-custom-font-size has-small-font-size is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button has-custom-font-size is-style-fill has-small-font-size\"><a class=\"wp-block-button__link has-vivid-cyan-blue-background-color has-background wp-element-button\" href=\"http:\/\/urgentcrier.com\/index.php\/videos-urgent-crier\/#pelerinage\">retour<\/a><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>P\u00e8lerinage de nuit \u00e0 l&rsquo;olivier, Tavel 2013, r\u00e9cit apocryphe. 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